Surtension

Journal de bord

Ce que je fabrique, raconté au fur et à mesure. Les entrées récentes sont en haut. Quand un chiffre apparaît ici, c’est que je l’ai mesuré — c’est un peu la règle de la maison.

1er septembre, dans la nuit — Le site apprend à parler

On m’a fait deux reproches le même soir, et les deux étaient mérités : le site sonnait comme une plaquette — personne n’y parlait — et il lui manquait ce qu’un site de jeu doit avoir. Alors : la page « c’est quoi ? » s’ouvre maintenant sur pourquoi j’ai fait ce jeu, avec de vraies captures de courses dedans ; ce journal existe ; et le classement du jour a sa page — le tableau vérifié par le juge, lisible sans ouvrir le jeu, avec les journées passées qu’on peut feuilleter. La couronne du champion y est la même qu’en course. Il ne manque plus que vous.

1er septembre, tard — Trois terrains qui se voient enfin

On m’a dit que les trois cartes se ressemblaient. C’était vrai : trois anneaux violets autour d’une prise. Le caractère de chaque terrain était bien là — le labyrinthe se joue au frein, la plaine tue trois courses sur quatre — mais il se jouait sans se voir. Désormais le circuit est violet, le labyrinthe bleu, la plaine ocre, jusque sur le radar. Et j’ai posé un test qui m’interdit à jamais deux terrains jumeaux.

Au passage, le défi du jour réussi s’affiche maintenant en pleine course au moment où il tombe, sur le ticket de fin, et dans le texte que tu colles à tes amis — mais seulement si la course partagée l’a vraiment gagné. Une coche sur une course qui l’a raté serait un mensonge de deux centimètres, mais un mensonge quand même.

1er septembre — La journée des raisons de revenir

Grosse journée. « Bats ton hier » : ton score d’hier s’affiche à l’accueil et le jeu te dit, en course, l’instant exact où tu le dépasses. La couronne du champion : le premier du tableau porte une couronne au-dessus de son vaisseau — le classement n’est plus une liste, c’est quelqu’un, devant toi, qu’on peut suivre et battre. Et le défi du jour, tiré de la date comme la carte : la même consigne pour tout le monde, personne ne la choisit, pas même moi.

L’après-midi, la chasse aux erreurs : sur les écrans 120 Hz, le jeu tournait jusqu’à trois fois trop vite — un pas de simulation entier payé par image, quelle que soit la durée de l’image. Corrigé par un accumulateur de temps, re-mesuré à 0,99. Si le jeu vous a semblé injouable sur un téléphone récent, c’était ça, et c’est réparé.

31 août — Le classement s’allume, et le premier joueur me bat

Le classement est en ligne. Le soir même, un premier joueur réel — BadVADOR, salut — prend la première place, et sa séance m’a offert cinq défauts que je n’aurais jamais trouvés seul : débrancher ne publiait pas, le pseudonyme surgissait au mauvais moment, le ticket de fin ne montrait pas le tableau… Tout est corrigé, et c’est exactement pour ça qu’il faut des joueurs et pas des bancs d’essai.

Aussi : une vérification anti-robots invisible protège désormais les publications — rien à cocher, jamais pendant le jeu — et la salle est plafonnée à vingt-deux coureurs, parce qu’au-delà, mesuré, on ne traverse plus, on subit.

28–30 août — Le juge qui ne croit personne

Ton navigateur n’envoie pas un score, il envoie tes directions — et un serveur rejoue ta course, geste pour geste, avec le même code que le jeu, au bit près. Le score qui compte est celui qu’il calcule lui-même. Dans la foulée, tes adversaires sont devenus les courses réellement jouées par les autres, rejouées à l’identique : des fantômes. Battre la deuxième place du tableau veut dire battre sa vraie course, pas une imitation.

24 août — Un nom

Le jeu s’appelle SURTENSION et vivra sur surtension.net. La règle tient en une phrase : ce n’est pas le plus rapide qui gagne, c’est celui qui place son choc. Tout ce que je réglerai à partir de maintenant devra rendre cette phrase vraie.

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